La psychothérapie en un coup d'oeil

La psychothérapie est un domaine tellement étendu qu’il n’existe pas une, mais plusieurs psychothérapies. Les champs d’action, les méthodes, les disciplines et les courants de pensée sont variés, même s’ils se rattachent tous au même domaine.

En Belgique, depuis la Loi de juillet 2016, le titre de psychothérapeute n'est pas reconnu en tant que tel dans la mesure où la psychothérapie est considérée comme un acte posé par un professionnel spécifique (uniquement les médecins, les psychologues cliniciens et les orthopédagogues cliniciens). Ces derniers ont une solide connaissance de la psychologie de part leurs études.

Avant cette loi, tout le monde pouvait se dire "psychothérapeute", tant les professionnels de la santé, de la santé mentale et du bien-être que toute autre quidam. Pour les professionnels ne faisant pas partie du trio cité ci-dessus, il existe des mesures transitoires qui leur permettent de poursuivre leurs activités de suivi psycho-thérapeutique. Certains d'entre eux font preuve d'une formation et d'une expérience solides, mais ce n'est pas le cas de tous. En effet, il peut exister, par exemple, un psychologue ou psychiatre qui est également psychanalyste tout aussi bien qu'un journaliste-psychanalyste. Il est donc important de s'informer sur leur parcours de formation et professionnel. Parmis tous ces professionnels, certains se spécialisent ensuite dans des domaines plus précis : social, travail, enfance, justice, etc…

Ces derniers temps, un intérêt va croissant pour les psycho-thérapies ou le coaching. Pourquoi cet engouement ? Parce que chacun cherche à mieux comprendre comment il fonctionne, à savoir pourquoi il réagit de telle ou telle manière, à obtenir des relations harmonieuses avec ses semblables, enfin et surtout, à être heureux…

 
Deux "médecines"...

 

La médecine dite « conventionnelle »

En médecine, un traitement, ou encore une thérapie, ou plus généralement la thérapeutique, est un ensemble de mesures appliquées par un professionnel de la santé (ou thérapeute) à une personne vis-à-vis d'une maladie, afin de l'aider à en guérir, de soulager ses symptômes, ou encore d'en prévenir l'apparition. Le traitement peut être théoriquement classé selon le but global (curatif, palliatif, ou préventif), selon son mode d'action principal par rapport à une maladie (étiologique ou symptomatique), selon le type d'acte dispensé (médical, chirurgical ou médicotechnique) et enfin selon la méthode employée (selon la méthode employée : entretien oral (mesures hygiéno-diététiques, psychothérapie), molécule chimique (traitement médicamenteux), intervention mécanique (chirurgie, endoscopie, radiologie interventionnelle, massage), rayonnement ionisant (radiothérapie), etc.

Le traitement médical fait intervenir un médecin ou un infirmier, le plus souvent à l'aide de mesures hygiéno-diététiques (conseil sur le mode de vie et l'alimentation, éducation thérapeutique) et de médicaments par voie injectable ou non.

D'autres procédés font également partie du traitement médical:

- La rééducation fait intervenir un kinésithérapeute, un neuropsychologue, un logopède, un ergothérapeute.
- La psychothérapie fait intervenir un psychiatre ou un psychologue.
- Le pansement fait intervenir un infirmier.
- Le massage et la physiothérapie font intervenir un kinésithérapeute.
- Il existe également l'hydrothérapie en rhumatologie, l'électroconvulsivothérapie et la luminothérapie en psychiatrie, et l'asticothérapie en dermatologie.
- Dans le cadre de soins d'urgence ou de réanimation, le traitement médical peut également concerner la pratique d'acte technique "simple" tel que le sondage des voies naturelles (urinaire, digestive, respiratoire) ou le massage cardiaque.

Il faut également citer ici le traitement non conventionnel qui regroupe différentes pratiques ayant en commun le fait de ne pas avoir de réelle base scientifique théorique, ni nécessairement de preuve scientifique d'efficacité.

 
La médecine dite « non conventionnelle »

(sources: Th. Sandoz, Histoires parallèles de la médecine, Le Seuil, 2005; P. Manoury, ABC des médecines douces, Broché, 2003)

L'expression médecine non conventionnelle désigne en Occident une grande variété de méthodes de traitement issues de traditions parfois séculaires ou de pratiques ayant émergé aux environs du XIXe siècle, en général avant l’avènement de la méthode scientifique. Les médecines non conventionnelles sont pour cette raison globalement considérées comme pseudo-scientifiques par une partie de la communauté médicale, mais un nombre croissant de médecins les étudient et les ajoutent à leur pratique médicale.

Elles sont également connues sous les noms de médecines alternatives, médecines parallèles, médecines holistiques, médecines traditionnelles, médecines naturelles, ou encore médecines douces.

Selon les pays, et leurs traditions et législations, elles peuvent être répandues (Danemark, Allemagne, Suisse, Angleterre…), tolérées (comme en Belgique, en France et certains pays de tradition latine) ou bien interdites. Elles ont souvent une vocation préventive dans un cadre de soin hors des références de la médecine moderne. Elles se développent en complément ou en alternative à la médecine classique et sont utilisées par 20 à 50 % des populations de la communauté européenne selon une statistique de la fin du XXe siècle.

 
La psychothérapie ou plutôt les psychothérapies



Étymologiquement, le mot "psychothérapie" est construit sur les racines grecques θεραπεία, therapeía ("cure", "soin") et ψυχή, psykhê ("âme", "esprit") signifiant littéralement : « thérapies par la psyché »). La psychothérapie désigne le traitement ou l'accompagnement par un individu formé à cela, d'une ou plusieurs personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d'autres types d'interventions à visée thérapeutique (médicaments, etc.).

Suivant les patients (enfant, adolescent ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l'intervention, il existe de nombreuses formes de psychothérapies qui s'appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques (écoles de pensée) diverses et parfois contradictoires. La plupart reposent néanmoins sur l'établissement d'une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d'un contrat plus ou moins explicite de soin. Elle se distingue en cela des pratiques d'accompagnement de l'individu « sain » (ou plutôt sans souffrance excessive qui empêcherait de vivre sa vie de façon relativement équilibrée), parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire. On peut parler ici de coaching ou de développement personnel. Néanmoins, il ne faut pas nécessairement être souffrant ou souffrir pour entamer une psychothérapie : il est possible de faire un travail sur/avec soi à visée de développement personnel (apprendre à se connaître ou se comprendre mieux encore, vivre mieux,…) auprès d'un professionnel de la santé mentale et du bien-être (psychologue, psychothérapeute,...).

En Belgique, plus particulièrement depuis les années 1990, la règlementation de l'exercice des psychothérapeutes a fait l'objet d'intenses débats mettant aux prises les praticiens se réclamant des principales approches que sont les psychothérapies d'inspiration psychanalytique, systémique, cognitivo-comportementale, humaniste ou expérientielle. Depuis la Loi de juin 2016, l'exercice de la psychothérapie est réglémenté et mis en place depuis mai 2016. Seule 3 professions peuvent désormais pratiquer la psychothérapie, à savoir le médecin, le psychologue clinicien et l'orthopédagogue clinicien. Des mesures transitoires ont été fixée par la Loi pour les professionnels proposant des accompagnements thérapeutiques (et non psycho-thérapeutiques) mais n'étant pas de ces trois professions. Pour en savoir plus, cliquez sur l'article du blog de Nariku intitulé " Depuis la Loi de juin 2016, qui peut pratiquer la psychothérapie en Belgique?".

La psychothérapie implique des rencontres régulières d'une durée d'environ une heure entre le(s) client(s)/patient(s) et le psycho-thérapeute. Durant ces séances, ils explorent les questions du client/patient, les émotions et les croyances qui les entourent, les origines de ces croyances et les façons de se manifester dans la vie quotidienne; options et autres points de vue sont souvent identifiés et essayés.

En Belgique, les psychothérapies reconnues se répartissent en 4 grands groupes différents :

  1. Psychothérapies à orientation psychanalytique et psychodynamique
  2. Psychohérapies à orientation systémique
  3. Psychothérapies à orientation comportementale et cognitive
  4. Psychothérapies à orientation humaniste centrée sur la personne et expérientielle


A côté des psychothérapies, présence de bien d'autres accompagnements (ou thérapies).

1. La sexothérapie

La sexothérapie est une forme de thérapie qui s’intéresse tout particulièrement à la vie affective, amoureuse et/ou sexuelle des individus.

Elle s’adresse à toute personne (célibataire ou en couple) qui se pose des questions et/ou rencontre une difficulté concernant sa vie intime ou sexuelle. Il n’y a pas d’âge pour se questionner sur sa sexualité, le sexologue accueille aussi bien les adolescents, que les adultes et les personnes âgées.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le Blog de Nariku "La sexothérapie, qu'est-ce que c'est?".

 

2. Les thérapies psycho-corporelles

(Source: I. Célestin-Lhopiteau et P. Thibault-Wanquet, Guide des pratiques psycho-corporelles, Masson, Paris, 2006)

 

Faisant partie plutôt des médecines dites « non-conventionnelles », les approche(s) psychocorporelle(s) désignent les méthodes qui appréhendent l'être humain dans sa dimension tant psychologique que corporelle.

En pratique, ces approches thérapeutiques utilisent trois axes simultanés :

    1. Elles sont centrées sur l'action présente et s'intéressent davantage au "comment" de la difficulté actuelle de la personne qui consulte, au détriment du "pourquoi" (les causes anciennes de la difficulté notamment).

    2. Elles privilégient une attention sélective, parfois à l'aide d'un état de conscience modifié.

    3. Elles proposent toujours un travail avec le corps, par exemple à l'aide de mouvements (des membres, des yeux, du corps tout entier), une respiration dirigée (souvent au niveau de l'abdomen), un travail sur la posture.

Il existe deux grandes approches principales:

(1) de relaxation : le Training autogène de Schultz, Relaxation progressive d'Edmund Jacobson, Relaxation dynamique, la Sophrologie d'Alfonso Caycedo, Eutonie de Gerda Alexander, Méthode de Moshe Feldenkrais.

(2) de somatothérapie

        > Méthodes orientales : le yoga, le Qi gong, le Tai chi chuan, le Shiatsu
       

        > Méthodes occidentales : la psychologie biodynamique, le massage, l'ismakogie, le biofeedback ou cohérence  cardiaque, l'EMDR, la Gestalt-thérapie, la technique F.M. Alexander, la méthode Rosen, la méthode de libération des cuirasses(MLC)


Nous pourrions rajouter une troisième catégorie, à savoir la pleine conscience - appelée aussi Mindfulness - qui signifie "diriger son attention d'une certaine manière, c'est-à-dire: délibérément, au moment voulu, sans jugement de valeur" (Jon Kabat-Zinn). Pour en savoir plus, aller sur le Blog de Nariku > Différents types d'accompagnements ou de suivis > Qu'est-ce que la Mindfulness ou pleine conscience?



3. Le Coaching

(source: ICF Belgium)

Le coaching "professionnel" (dans le sens mené par un professionnel du coaching justifiant une formation, une certaine expérience et/ou une certification) est définit par l'ICF comme étant un partenariat avec le(s) client(s) dans une réflexion et un processus créatif qui les incite à maximiser leur potentiel personnel et professionnel, ce qui est particulièrement important dans un environnement incertain et complexe d'aujourd'hui.

Le coach considère le client comme l'expert dans sa vie et dans son travail et croient que chaque client est créatif, ingénieux et entier. A partir de ce fondement, la responsabilité du coach est de: (1) découvrir, clarifier et s'aligner sur ce que le client veut atteindre, (2) encourager le client à la découverte de soi, (3) susciter des solutions et des stratégies générées par le client, (4) maintenir le client responsable.

Ce processus aide les clients à améliorer leurs perspectives dans leur travail et leur vie, tout en améliorant leurs compétences en leadership et le développement de leur potentiel.

L'ICF n'a qu'une seule définition du coaching qui s'applique tant

    - au coaching individuel avec la sphère privée (life coaching ou le career coaching) et la sphère professionnelle (business coaching, exécutive coaching, performance coaching, etc.)

    - qu'au coaching de groupe ou d'équipes (le coaching sportif, y compris).

Le coaching se différencie de la thérapie. Cependant, les limites (surtout dans le lifecoaching) ne sont pas toujours très claires.

Pour en savoir plus, aller sur le Blog de Nariku > Différents types d'accompagnements ou de suivis > Le coaching



Pour approfondir, rendez-vous sur notre blog, catégorie "Différents types d'accompagnement ou de suivi".